Un jour se souviendra peut-être de moi, quelque part dans l’univers. Que je suis venu ici. Que j’ai regardé le Pacifique. Un jour se souviendra du café devenu froid dans un gobelet de carton un jeudi après-midi, que le thermomètre indiquait 84 degrés F. De cette fille que son chien promenait, du vent qui était léger et doux, de la brûlure d’un après-midi d’été en Californie. De ce panneau qui disait «unstable cliff, do not enter» et que je n’ai pas franchi, car l’instinct ne cède pas sur un coup de tête. Des milliers de parcourus dans cette voiture bleue. De ce passeport qui a expiré. De ces mots de trop que j’ai pu dire. De ces rêves qui se sont transformés en échecs. De ces échecs qui se sont transformés en cartes à jouer. Des ces envies de rester. De ces envies de rentrer. De Lola qui s’en est allée, de ce soir de juin auquel je n’étais pas vraiment préparé. Un jour se souviendra peut-être de moi – parce que nos jours sont comptés -, comme d’un petit soldat de bois échappé de sa boîte de carton ou du jardin d’enfant, sans que personne ne le remarque. De moi, de toi, avec tendresse et humilité, un jour se souviendra…

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