Comment bien rédiger une chronique radio

La radio est un médium fugace et généraliste. La rédaction de contenus peut y adopter une forme plus libre, parfois même théâtrale. Quelques conseils pour une écriture radio plus efficace, qui se vérifient également pour la création de podcasts.

La base de l’écriture radio

  • Adopter une structure linguistique simple (grammaire, syntaxe) ;
  • Respirer en étant courte sur la forme ;
  • Ne pas trop s’éloigner de l’indicatif présent, du passé composé et du futur simple ;
  • Rester facile à lire pour un chroniqueur ;
  • Courte ;
  • Rester facile à comprendre pour l’aditeur.

La compréhension du sujet en radio

Il existe une forme d’accord tacite entre l’auditeur et le chroniqueur : la radio reste un support d’accompagnement et l’information se doit d’être concise et précise. Pour bien rédiger, il faut bien comprendre. Si on comprend mal, on rédige de manière ampoulée, on copie, on embrouille. Il est parfois tentant d’étaler ses connaissances à la manière du professeur. Conséquences probables ? Ennui, fatigue, mépris, zapping.

Le sens de l’accroche radio

Il en va d’une chronique radio comme d’un article de presse ou de métadonnées percutantes sur le web. Le titre et la description (souvent nommé le « chapeau ») de la chronique doivent donner envie d’écouter.

La première phrase est aussi primordiale que la chute : elle doit contenir l’information et capter l’attention. Si cette attention est gagnée, elle évite le zapping ou le décrochage. À la manière du cinéma, on zoome petit à petit sur les détails en démarrant par le sujet principal.

Comment écrire pour la radio

Le sens de la formule radio

Contrairement à un article de presse (que son support soit le papier ou l’écran d’un ordinateur), le modèle d’écriture est plus libre. Un chroniqueur ne peut se borner à lire un texte de facture classique. Il doit le faire vivre, le rendre théâtral, divertissant, émouvant, tranchant. Pour y arriver, le modèle sujet-verbe-complément ne peut être la norme. L’air de rien, cet aspect est souvent méconnu et mal appréhendé par de jeunes animateurs ou chroniqueurs qui cherchent à tout prix la plus belle phrase.

Mon conseil (aux stagiaires) tient, en général, en quelques avertissements pour une écriture radio plus moderne et conviviale :

  • Ce n’est pas un concours de diction ou de syntaxe ;
  • Les périphrases ont plus d’impact que les phrases (en radio) ;
  • Le subjonctif et les subordonnées doivent rester rares ;
  • La répétition des mots permet d’insister sur les « mots-clés » de sa chronique (tout est question d’équilibre).

C’est de la radio : écrivez en parlant

Y compris dans votre tête. Une chronique radio est un exercice oral, fondamentalement. Vous ne dites pas l’information, vous la racontez. Si votre propre lecture est perturbée, corrigez, adoptez un synonyme, faites éclater la phrase en plusieurs périphrases. Appuyez vocalement sur les mots-clés et respirez à l’aide de la ponctuation et des conjonctions. On vous a souvent fait la leçon « on ne place pas ‘mais’ en début de phrase« ? En radio, oubliez ces règles. Concentrez-vous sur les sons des mots et leur capacité à donner du rythme, de l’émotion, de l’attention.

Quelques phrases d’exemple d’une chronique radio :

  1. « Des manifestants sont rassemblés devant l’entrée du musée. Résultat : vous allez devoir montrer patte blanche. »;
  2. « Vous pensez que c’est une super nouvelle. Et bien non. C’est même l’horreur absolue. »;
  3. « Je ne fais généralement pas dans la vulgarité. Mais voilà, c’est du direct. On ne peut plus reculer. Et puis, peu importe. Je suis certain d’avoir capté votre attention. Donc. Oui. J’ai tout gagné. »
L'écriture radio

Quelques formules comme « conséquence », « résultat » sont à manier avec parcimonie : ce sont des pirouettes faciles. Je proscrirais les expressions « affaire à suivre » en guise de conclusion et autres « sport » ou « étranger » pour ponctuer le passage d’une information à une autre. Mes arguments sont peut-être présomptueux, mais ces autres pirouettes me semblent à la fois lourdes et… dépassées.

La folie des longueurs n’est pas radiophonique

Après 20 minutes de cours, les élèves décrochent. Après 3 minutes de chronique (parfois moins encore), l’auditeur ne répond plus présent. Il n’existe pas de durée idéale. Il m’est arrivé de rédiger des chroniques de plus de 5 minutes pour les impératifs d’une émission à la RTBF (notamment dans les correspondances depuis la Californie) et certaines interventions dans le journal parlé étaient limitées à 60 secondes.

Sur MiNT, à RTL Belgium (qui est une radio musicale illustrée), nous avons fixé une règle : sauf exception, jamais plus de 3 minutes, idéalement 2 minutes 30. Contrairement aux apparences (il faut moins écrire), l’exercice ne s’avère pas pour autant plus simple (il faut mieux écrire). Il s’agit d’accrocher et de retenir, mais de livrer toute l’information, avec un timing plus serré. N’en déplaise, c’est possible. C’est simplement une question d’écriture adaptée à la radio.

Au-delà des 5 minutes, le risque est grand : private joke, digression, répétition, perte de repères. Cela dit, une chronique plus longue rapportera davantage en droits d’auteur (il est encore très codifié et c’est un euphémisme) à son auteur.

Rappelez-vous ceci : la radio n’est pas de la télévision

Cette affirmation n’est plus aussi stricte qu’elle a pu l’être au temps de la FM. La radio est désormais filmée et se décline sous de nouvelles formes (l’écriture de podcast en fait partie intégrante), mais dans sa fonction primaire (accompagner un auditeur), elle conserve l’absolue nécessité de procéder par images mentales pour décrire des faits ou une fiction.

Les impératifs de votre écriture : imagée, créative, amusante. Irais-je jusqu’à employer ce terme que pourtant j’abhorre : disruptive.

En radio, vous êtes une personnalité

J’ai occupé la fonction du chroniqueur dans de nombreuses situations : en studio, par téléphone et même en qualité de correspondant radio en Californie. Avec toujours la même obsession : celle du ton, donc de la personnalité en radio. Mauvaise nouvelle : elle n’est pas innée, passe parfois par le mimétisme et prend toujours du temps.

La radio est un jeu (dangereux)

S’il me fallait résumer ce que j’ai appris en quelques concepts succincts ? Ne soyez ni sinistre ni hystérique. Soyez quelqu’un (vous-même si possible ou – cas le plus courant – un personnage). Jouez avec les mots. Jouez avec l’instrument, la voix. Apprenez à respirer (la méditation aide beaucoup). Jouez aves limites. Ne les dépassez pas. Ou le moins possible (l’humour vache des années 80 et 90 n’est plus prisé).

Je me suis toujours fixé une règle : ne pas censurer a priori et toujours tirer sur la corde (elle finit toujours par céder), quitte à me planter. Sans jamais porter atteinte à quiconque et sans jamais jurer.

On ne suscite pas l’intérêt en étant mièvre ou invisible : il convient de trouver un style en radio. Vaste affirmation, qui mériterait à elle seule un développement. Cela tombe bien, je n’ai pas encore épuisé le sujet.

Je suis à votre disposition pour des Voix Off. Consultez cette page pour en savoir plus.

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