Google Belgique, via son agence de presse Team Lewis, m’a proposé de tester la Pixel Watch 5 pendant deux mois. Après deux mois de port quotidien, en venant d’une Garmin Venu 4, voici mon avis, mes impressions, les fonctions que je préfère et, forcément, mes frustrations.
Fiche technique
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Écran | AMOLED, toujours allumé (Always On disponible) |
| Connectivité | Bluetooth, Wi-Fi, (version LTE disponible séparément) |
| Autonomie annoncée | Jusqu'à 30h (mode Always On activé) |
| Étanchéité | 5 ATM |
| Santé | ECG, SpO2, fréquence cardiaque, Health Guardian (tendances insuline, tension) |
| Sécurité | SOS Urgence, détection d'accident de voiture, détection de perte de pouls, balise de détresse |
| Écosystème | Android uniquement (Wear OS + Google Health + Health Connect) |
| Ambassadeur | Stephen Curry |
Google Health, la vraie star du produit
Ce qui frappe le plus après deux mois, ce n'est pas l'application Pixel Watch elle-même : elle est volontairement sommaire (dans le bon sens du terme). On y choisit son cadran, les fonctions de sécurité, les widgets, et c'est à peu près tout.
La vraie magie se joue dans Google Health. Avec Health Connect sur Android, l'application centralise l'ensemble des données provenant d'autres applications (Strava, Withings, Technogym, Life Fitness) et analyse des éléments comme le sommeil avec une acuité qui s'affine au fil des semaines.
On peut à tout moment dialoguer avec Gemini, qui peut par exemple expliquer pourquoi on s'est éveillé longuement à 2h30 du matin (le chien était malade, j'ai trop bu ou sans raison), sans jugement, de manière toujours bienveillante et pertinente.

Et ça, ça vaut aussi au poignet. On approche la montre de sa bouche, on parle à Gemini directement depuis la Pixel Watch 5, et l'interface est tellement bien pensée qu'on sait intuitivement quoi faire sans avoir eu besoin d'un mode d'emploi.
C'est là, je crois, que se joue la vraie différence avec la concurrence : les capteurs sont une chose, l'analyse qui en est faite ensuite en est une toute autre. Garmin propose son programme payant Garmin+, mais il n'arrive pas à la cheville de ce que Google Health fournit nativement. Exemple ici avec une séance de spinning contextualisée :

Garmin a tendance à donner des données brutes, répétitives, des conseils peu personnalisés, et des évaluations de sommeil qui peuvent devenir pénibles : la dette de sommeil vous poursuit, parfois sans grande explication. Avec Google Health, les données sont claires, pertinentes, et l'IA contextualise plutôt que d'empiler des chiffres.
Le suivi de la VO2 max en est un bon exemple : affiné trimestre après trimestre, il offre un indicateur fiable de la forme cardio, avec un classement clair (la mienne tourne autour de 55, classée “excellente”).

Le sentiment de sécurité m'a beaucoup frappé en la portant. Il est bien plus présent qu'avec une Garmin, peut-être même un cran au-dessus de l'Apple Watch. Et pour cause : balise de détresse, contrôle de la situation, détection d'accident, SOS, contact d'urgence, appel au 112.

Le sentiment de sécurité m'a beaucoup frappé en la portant. Il est bien plus présent qu'avec une Garmin, peut-être même un (tout petit) cran au-dessus de l'Apple Watch.
Health Guardian : le vrai plus de l'app Google Health
Au-delà du quotidien, Google Health embarque Health Guardian, un ensemble de fonctions de santé préventive qui transforme l'app en véritable outil holistique, sans noyer l'utilisateur sous les statistiques :
- Tendances de résistance à l'insuline : estimation des tendances métaboliques et d'insuline de façon passive, via plusieurs semaines de données de fréquence cardiaque, VRC, mouvement et sommeil, sans prise de sang. Nécessite au moins 7 jours de port dans le mois pour générer un rapport.
- Tendances de tension artérielle : suit le pouls et les mouvements dans le temps pour indiquer des variations, sans brassard traditionnel. Nécessite au moins 5 jours consécutifs de port dans la semaine.
- Qualité respiratoire du sommeil : surveille les schémas de respiration optimale durant le sommeil et résume les tendances à long terme.
- Détection d'urgence respiratoire : détecte les chutes critiques d'oxygène et peut appeler automatiquement les secours si l'utilisateur ne répond pas (disponible sur certains modèles Pixel Watch dans l'Union européenne).
- Résumés mensuels : livre un bilan récurrent dans l'onglet Aujourd'hui de l'app Google Health, avec des verdicts catégoriels (bas, pas élevé, globalement optimal).
Face à face avec ma Garmin Venu 4
Durant ces deux mois, j'ai fait plusieurs allers-retours vers mon ancienne Garmin Venu 4, histoire de comparer à froid. Deux constats s'imposent.
D'abord, l'écran de la Garmin reste magnifique, et sa connectivité directe à une ceinture cardio, un vélo ou un tapis de course est d'une simplicité enfantine, exactement ce qui manque à la Pixel Watch 5.
Ensuite, et c'est sans appel : la nouvelle interface Garmin a déjà pris un coup de vieux (même si elle se défend bien face à l'interface de Polar, dont on a l'impression qu'elle a 15 ans).
Face à la fluidité et à l'intuitivité de Wear OS sur la Pixel Watch, avec Gemini qui comprend le contexte sans qu'on ait besoin d'apprendre une syntaxe de commandes, l'expérience Garmin paraît datée.
Le contraste est frappant : d'un côté, avec Garmin, le meilleur capteur-matériel du marché avec une interface d'un autre âge, de l'autre une interface brillante signée Google... sur un matériel encore incomplet pour le sport.
Ce qui me frustre : une montre de sport inaboutie
Google a choisi Stephen Curry comme ambassadeur de la gamme Pixel Watch. Un basketteur professionnel, donc. Et c'est bien ça qui rend la suite difficile à comprendre.
La Pixel Watch 5 a une puce Bluetooth, mais contrairement aux Garmin, Polar ou Coros, elle ne peut se connecter à aucun équipement sportif : ni tapis de course, ni vélo d'intérieur (moi qui suis prof de spinning, c'est ma plus grande frustration, d'autant que l'Apple Watch le fait très bien depuis des années), ni ceinture cardio, ni capteurs externes de vélo, de pied ou de foulée.

Résultat concret : quand je donne cours sur un vélo Technogym D92, dans les salles où j'enseigne (Mix à Bruxelles, David Lloyd Royale La Rasante à Woluwe), je porte une ceinture reliée directement au vélo, dont les résultats sont ensuite aspirés dans Google Health via l'application Technogym, mais avec des données qui manquent, les watts en tête.
La montre se rattrape en s'appuyant sur ses nombreux capteurs et sur l'intelligence artificielle pour donner une impression très juste du ressenti d'une séance. Mais on n'a pas accès aux données fines qu'on souhaiterait en spinning : watts, cadence, distance parcourue précise.

Honnêtement, il ne manque pas grand-chose pour que ce soit une montre de sport parfaite.
C'est un appel que j'adresse volontiers à Google, en tant que sportif et professionnel du fitness : ouvrez la connectivité vers les équipements sportifs, comme le font Garmin, Polar et Coros, et comme le fait déjà l'Apple Watch.
Le matériel est là. L'intelligence qui transforme les données en conseils pertinents aussi, et sur ce terrain, Gemini dépasse déjà la concurrence, y compris au sein de l'écosystème Google lui-même sur les bracelets Fitbit Ace et Edge. Il ne manque que le dernier maillon : la capacité à dialoguer avec le matériel sportif existant.
Google : ouvrez la connectivité vers les équipements sportifs, comme le font Garmin, Polar et Coros, et comme le fait déjà l'Apple Watch.
Autre frustration : zéro compatibilité iOS
Je comprends que Google privilégie son propre écosystème Pixel (tout comme Apple, d'ailleurs !), mais je peine à comprendre pourquoi la Pixel Watch 5 ne pourrait pas être compatible, même partiellement, avec iOS via une application dédiée.
Techniquement, rien ne l'empêcherait a priori. Pour l'instant, c'est Android ou rien, ce qui ferme la porte à une partie du marché qui pourrait pourtant être séduite par Google Health et Health Guardian.
Pour les utilisateurs d’iPhone qui voudraient quand même profiter de l’écosystème santé de Google, une alternative existe : le Fitbit Edge, pensé justement pour fonctionner avec iOS.

J’en parle plus en détail dans mon podcast pour NRJ Belgique.

Autonomie
Venant d'une Garmin Venu 4 qui tenait dix jours, le changement de catégorie est évident, mais ce n'est pas non plus la catastrophe qu'on connaît sur une Apple Watch classique. Malgré huit heures de sport par semaine, j'arrive systématiquement à 60% de batterie en fin de journée, avec le mode Always On activé, en ayant toutefois coupé une bonne partie des notifications pour éviter d'avoir une montre qui vibre du matin au soir sans raison.
J'avais oublié mon chargeur en week-end : j'ai tenu plus de 48 heures avec le mode d'économie d'énergie activé. Sinon, à mon avis, la montre Pixel Watch 5 peut tenir 1 jour et demi. Elle me semble un poil plus endurante que l'Apple Watch, mais dans un mouchoir de poche.
Le seul bug rencontré
Le réveil. Il est censé se synchroniser entre le téléphone et la montre, mais cette synchronisation n'est pas toujours parfaite. Dans les faits, le téléphone sonne toujours le matin, donc l'essentiel est sauf. Dans le domaine, le programme réveil doit être fixé dans le marbre pour tous les jours de la semaine : Google n'a pas pensé qu'on pouvait avoir un rythme différent la semaine et le week-end. Frustrant aussi, même si c'est un peu futile (il suffit d'ajouter une alarme pour le week-end). Bref, le mode Coucher est fixé soit pour toute la semaine, soit pour un certain nombre de jours, mais pas de mixité possible, contrairement à l'iPhone et à l'Apple Watch.
Encore un chargeur différent : pourquoi ?
Petit regret au passage sur la recharge : le chargeur est propriétaire, certes bien pensé avec son socle stable, mais c’est un chargeur de plus à trimballer. À l’heure où la plupart des smartphones sont passés à la recharge Qi sans fil universelle, on est en droit d’attendre la même chose des montres connectées, plutôt que d’ajouter encore un câble propriétaire à la pile.

Les petits détails qui comptent
Le déverrouillage du téléphone via la montre portée au poignet, l'application Wallet, et l'ECG intégré font partie des détails qui, mis bout à bout, rendent la Pixel Watch 5 difficile à enlever du poignet.

Conclusion : 4,2/5
La Pixel Watch 5 est, à ce jour, la meilleure montre de santé du marché, portée par Google Health et Health Guardian, deux outils qui transforment des données brutes en conseils réellement actionnables, avec un ton toujours bienveillant. En tant que smartwatch, elle est tout aussi convaincante, grâce à une interface fluide et intuitive, et à Gemini directement accessible au poignet.
En tant que montre de sport, en revanche, elle reste inaboutie, pas par manque de capteurs ou de puissance de calcul, mais par l'absence de connectivité vers les équipements sportifs que la concurrence propose depuis des années. C'est d'autant plus dommage que l'intelligence qui ferait la différence, celle de Gemini, est déjà là et surpasse ce que proposent Garmin, Polar ou Coros une fois les données récoltées.
Il ne manque donc pas grand-chose pour que la Pixel Watch 5 devienne la montre de référence, toutes catégories confondues. En attendant, 4,2/5.
Les plus
- Google Health et Health Guardian, la meilleure analyse de santé du marché
- Gemini accessible directement au poignet, interface intuitive
- Sentiment de sécurité fort (SOS, détection d'accident, de perte de pouls)
- Autonomie correcte malgré un usage sportif soutenu
- Déverrouillage du téléphone au poignet, Wallet, ECG intégrés
Les moins
- Aucune connectivité vers les équipements sportifs (vélo, tapis, ceinture)
- Paradoxe avec Stephen Curry comme ambassadeur sportif
- Aucune compatibilité, même partielle, avec iOS
- Chargeur propriétaire plutôt qu'une recharge Qi universelle
- Léger bug de synchronisation du réveil
Questions fréquentes
La Pixel Watch 5 peut-elle se connecter à un vélo d'intérieur ou un tapis de course ? Non. Contrairement à Garmin, Polar, Coros ou l'Apple Watch, la Pixel Watch 5 ne propose aucune connectivité Bluetooth vers les équipements sportifs externes (vélos, tapis, ceintures cardio, capteurs de foulée). Elle s'appuie uniquement sur ses propres capteurs et sur l'intelligence artificielle pour estimer l'effort.
Qu'est-ce que Health Guardian sur Google Health ? Health Guardian est un ensemble de fonctions de santé préventive de l'app Google Health : tendances de résistance à l'insuline, tendances de tension artérielle, qualité respiratoire du sommeil, détection d'urgence respiratoire et résumés mensuels, le tout basé sur les données collectées passivement par la montre.
Quelle est l'autonomie réelle de la Pixel Watch 5 ? Avec le mode Always On activé et environ huit heures de sport par semaine, la batterie descend systématiquement autour de 60% en fin de journée. C'est nettement moins qu'une Garmin Venu 4 (dix jours), mais bien mieux qu'une Apple Watch classique.
La Pixel Watch 5 fonctionne-t-elle avec un iPhone ? Non, elle est exclusivement compatible avec Android. Il n'existe à ce jour aucune application permettant une compatibilité, même partielle, avec iOS.
Google Health est-il meilleur que Garmin Connect ou Garmin+ ? Dans l'analyse des données, oui, nettement. Garmin+ reste payant et donne des données brutes et répétitives, avec des conseils peu personnalisés. Google Health, via Gemini, contextualise les données et donne des explications claires et bienveillantes, notamment sur le sommeil.
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